Ce qui a changé
Ce compte rendu s’appuie sur un article du South China Morning Post. Des chercheurs de l’Institut de technologie de la bioénergie et des bioprocédés de Qingdao, rattaché à l’Académie chinoise des sciences, ont indiqué que leur matériau à base de phosphate, PhosCage, avait récupéré jusqu’à 50,4 mg d’uranium par gramme à partir d’échantillons naturels d’eau de mer, contre un objectif de 6 mg par gramme fixé par le département américain de l’Énergie.
Ils ont également fabriqué des billes de quelques millimètres destinées à être déployées puis récupérées: celles-ci ont capté 22,55 mg par gramme et ont fonctionné pendant sept cycles de réutilisation.
Pourquoi c’est important
La Chine développe son parc nucléaire tout en consommant, selon l’article, davantage d’uranium qu’elle n’en produit. Notre point de vue: cela ressemble moins à un simple succès de chimie ingénieuse qu’à une possible future option d’approvisionnement. L’océan ne devient pas soudainement une réserve de combustible où il suffirait de se servir. Mais un matériau capable de capter l’uranium, d’être récupéré et de fonctionner à nouveau commence à répondre à la question pratique délicate qui se pose derrière l’extraction depuis l’eau de mer: peut-on réellement l’utiliser en dehors d’un laboratoire?
Cela ne change rien à la décision immédiate: aucun système commercial n’a été signalé. En revanche, la question de fond reste ouverte: la Chine peut-elle transformer une ressource immense mais très diluée en une composante fiable de son approvisionnement en combustible? La forme en billes de PhosCage compte, car une poudre très performante est une chose; un dispositif que les opérateurs peuvent placer dans l’eau puis récupérer en est une autre.
Évaluation de l’impact
L’équipe de recherche de Qingdao est la première bénéficiaire: le résultat de récupération annoncé et le format en billes réutilisables donnent à PhosCage une base concrète pour poursuivre son développement.
L’expansion du parc nucléaire chinois entre maintenant dans sa prochaine phase. Si le matériau peut être produit à plus grande échelle et fonctionner en pleine mer, il pourrait ajouter une voie nationale de récupération de l’uranium. Dans le cas contraire, il restera une expérience prometteuse plutôt qu’une nouvelle source d’approvisionnement.
Scénarios
Le plus probable: Si des essais complémentaires valident les résultats annoncés sans déboucher sur un déploiement commercial, PhosCage restera un projet de recherche et développement dans les semaines à venir et sur une période de 6 à 12 mois.
Scénario favorable: Si les performances de captage et la réutilisation se maintiennent lors de déploiements en pleine mer de plus grande ampleur, PhosCage pourrait devenir un candidat pour la récupération d’uranium dans l’eau de mer à plus grande échelle et une option supplémentaire potentielle d’approvisionnement national.
Scénario défavorable: Si le déploiement, la récupération, la durabilité ou le passage à l’échelle échouent en dehors des essais rapportés, les chiffres élevés de récupération pourraient ne pas déboucher sur un système utilisable à grande échelle.
Les éléments à surveiller
Il faudra rechercher des essais quantifiés en pleine mer avec les billes: la quantité d’uranium récupérée, la fiabilité de leur récupération et le maintien de leurs performances au fil de cycles de réutilisation supplémentaires.
Il faudra ensuite surveiller les signes d’un système ou d’un essai de plus grande ampleur assorti de mesures comparables. C’est ce qui permettra de passer d’un matériau impressionnant à une option concrète pour l’approvisionnement en combustible.
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