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La police pakistanaise déploie des filets inspirés de l’Ukraine contre les attaques de drones

La police de la province pakistanaise de Khyber Pakhtunkhwa a commencé à installer des filets renforcés en hauteur sur ses sites afin de réduire les attaques menées par des drones modifiés utilisés par le Tehreek-i-Taliban Pakistan.

Pourquoi c’est important

Une couverture en maillage surélevée peut perturber les approches directes de petits drones et intercepter les munitions tombantes avant qu’elles n’atteignent le personnel situé en dessous, réduisant l’exposition dans les entrées et les cours précises qu’elle couvre.

Trends Today publication

Ce qui a changé

Selon un reportage de France 24, la police de la province pakistanaise de Khyber Pakhtunkhwa a commencé à suspendre des filets renforcés au-dessus de ses complexes pour contrer les drones modifiés utilisés par le Tehreek-i-Taliban Pakistan. Le maillage s’étend entre les façades des bâtiments et les murs routiers en béton, afin d’accrocher les drones ou d’intercepter les munitions larguées avant qu’elles n’atteignent les agents situés en dessous; le reportage indique que le TTP utilise largement des drones depuis 2024.

Pourquoi c’est important

Il s’agit d’une réponse concrète et saisissante à une menace bon marché: rendre difficile le survol d’une cour de commissariat par un petit drone. Les blocs de béton protègent contre les attaques au sol. Une couverture modifie la géométrie d’une frappe venue d’en haut.

L’avantage immédiat est limité, mais réel. Les agents présents dans les entrées et les cours couvertes pourraient être moins exposés si un petit drone ou sa charge utile est intercepté au-dessus d’eux. La limite est tout aussi importante: un filet ne peut empêcher la surveillance des mouvements à l’extérieur, protéger un itinéraire non couvert ni neutraliser une attaque lancée au-delà de ses bords.

Notre perspective (spéculation éclairée): au cours des 6 à 12 prochains mois, les filets devraient surtout devenir une couche de protection supplémentaire et sélective sur les complexes exposés. S’ils sont entretenus et installés au-dessus des axes d’approche probables, ils pourraient contraindre les opérateurs de drones à emprunter des itinéraires moins directs et compliquer les attaques contre certains sites. S’ils sont peu nombreux ou faciles à contourner, la pression se déplacera simplement ailleurs.

Le parallèle historique

Dans un précédent reportage du Guardian, l’Ukraine a utilisé des filets de pêche renforcés au-dessus de routes, de sites civils, de tranchées et de véhicules pour contrer de petits drones explosifs. La similitude structurelle est simple: des drones peu coûteux face à un obstacle physique peu coûteux.

La différence essentielle tient à l’échelle et au contexte. L’Ukraine a utilisé des filets sur des axes de transport et dans des espaces civils pendant une guerre interétatique; le Pakistan en installe sur des complexes de police dans le cadre d’une insurrection. Un reportage ultérieur du Guardian a documenté l’explosion d’un drone FPV sur un filet routier, tandis qu’un civil s’échappait, et a constaté que les filets et les abris aidaient les habitants à fréquenter les marchés à ciel ouvert. Il a également établi que les filets ne protégeaient pas contre les drones Shahed plus grands ni contre les bombes planantes.

Cela suggère que le bon critère au Pakistan n’est pas de savoir si les filets rendent un complexe invulnérable. Il s’agit de déterminer s’ils réduisent le danger posé par les petits drones à approche directe décrits dans le reportage, tandis que la police maintient sa couverture et s’adapte face à la surveillance et aux approches non couvertes.

Comment les effets pourraient se propager

Si une couverture intercepte un drone ou une munition larguée au-dessus d’un complexe, les agents peuvent rester davantage en sécurité dans la zone couverte. Si cela réduit les dégâts sur une installation ciblée à plusieurs reprises, l’activité alentour pourrait connaître moins d’interruptions liées à la sécurité au cours des mois suivants.

Cette chaîne dépend de trois éléments: la couverture par les filets des trajectoires d’approche probables, un entretien régulier et le maintien d’attaques reposant sur de petits drones ou des munitions larguées. Des armes plus lourdes, un ciblage fondé sur la surveillance ou des attaques visant l’extérieur de la couverture rompraient rapidement cette chaîne.

Évaluation de l’impact

La police de Khyber Pakhtunkhwa bénéficie d’une possible couche de protection sur les complexes équipés, mais demeure exposée à la surveillance ainsi qu’aux attaques contre les sites ou itinéraires non couverts. L’effet est mitigé dans les semaines à venir.

Les commissariats dépourvus de leurs propres dispositifs restent particulièrement exposés. France 24 rapporte qu’environ 30 % des commissariats n’en disposent pas, ce qui maintient des capacités défensives inégales alors même que certains locaux ajoutent des filets.

Pour les opérateurs du TTP, une couverture efficace pourrait réduire l’utilité des attaques directes par petits drones contre les complexes protégés. Mais la disponibilité des drones et leur rôle signalé dans la surveillance préservent des options en dehors du maillage.

Les riverains et les entreprises pourraient subir moins de perturbations si les complexes couverts essuient moins de frappes réussies. Cet avantage dépend de la résistance des filets là où ils sont installés.

Scénarios

Le plus probable: Si la menace des petits drones persiste et que la police entretient le maillage en complément des barrières existantes, les installations sélectives s’étendront sur 6 à 12 mois. Certaines attaques directes contre les complexes couverts deviendront plus difficiles, tandis que la surveillance et les attaques au-delà de la couverture se poursuivront. Davantage d’installations, des drones ou munitions interceptés, ainsi que le maintien de l’emploi d’autres barrières appuieraient ce scénario.

Scénario favorable: Si les filets atteignent les locaux les plus exposés, couvrent les approches probables et font l’objet de réparations régulières, les frappes réussies de petits drones pourraient diminuer sur ces sites. Les opérations de police pourraient se poursuivre avec moins d’interruptions, avec des retombées positives limitées autour des installations protégées. Des interceptions documentées et une extension au-delà des premiers locaux constitueraient des signes de confirmation.

Scénario défavorable: Si les militants se tournent vers des approches non couvertes, des tactiques guidées par la surveillance, des armes plus lourdes ou des drones plus grands, la police pourrait devoir consacrer davantage de ressources à la protection des sites tandis que les attaques se déplacent hors de portée de la couverture. Des contournements répétés, des filets déchirés ou des incidents concentrés dans des lieux non couverts iraient dans ce sens.

À surveiller ensuite

  • L’installation et l’entretien de filets par la police de Khyber Pakhtunkhwa sur d’autres complexes exposés.
  • La question de savoir si les attaques signalées montrent que des drones ou des munitions sont interceptés par le maillage, ou le déjouent à plusieurs reprises.
  • La poursuite par le TTP de l’utilisation de petits drones modifiés, ou son orientation vers des systèmes plus grands, des armes plus lourdes ou des itinéraires hors des approches couvertes.
Sources (4)
  1. France 24 EnglishPakistan police counter drone attacks with Ukraine-style nets
  2. theguardian.comOld fishing nets from France become vital protection against Russian drones in Ukraine
  3. theguardian.comKill zones and drone nets: a journey through Ukraine’s fortress belt
  4. theguardian.comUkraine war briefing: Kyiv to accelerate placement of anti-drone nets across frontline

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